Glossaire genéral d'EPS

PETIT DICTIONNAIRE DE PEDAGOGIE

Vous trouverez ici un ensemble, régulièrement enrichi, de textes capables d'aider à comprendre quelques termes particulièrement utilisés dans les discours éducatifs. Ces textes n'ont pas de prétention encyclopédique, mais s'efforcent d'engager la réflexion et d'ouvrir au débat. 

Adolescence, n. f. : période intermédiaire entre l'enfance et l'âge adulte, au cours de laquelle l'avènement de la maturité génitale bouleverse l'équilibre acquis antérieurement.

Si, d'aventure, un voyageur du temps nous revenait des siècles passés, sans doute ne manquerait-il pas de nous demander, au milieu d'une foule d'autres questions : « Mais comment peut-on être adolescent? »... C'est que - on l'oublie trop - l'adolescence n'a pas toujours existé; il est même aujourd'hui certains peuples, tout près de nous, qui ignorent totalement ce phénomène...

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Aide, n. f. : terme aujourd'hui très usité pour désigner, à la fois, des dispositifs éducatifs ("aide individualisée") et un projet pédagogique plus large qui consiste à "accompagner" les personnes dans leurs apprentissages ou leur développement. La notion n'est pas, pour autant, dénuée d'ambiguïté.

La question de l'aide en général et de l'aide pédagogique en particulier nous place au coeur d'un problème éthique. Peut-on parler d'une "éthique de l'aide" ? Cela n'est pas facile et nous renvoie à trois contradictions : 1) l'éthique relève de la symétrie entre les personnes et l'aide relève de la dissymétrie ; 2) l'éthique relève de la reconnaissance de l'altérité (y compris dans son caractère inconnaissable) et l'aide relève de la connaissance de la différence de l'autre ; 3) l'éthique relève toujours d'un choix individuel, de la responsabilité personnelle, alors que l'aide relève aujourd'hui - surtout si on l'associe à la prévention - d'une organisation collective et sociale...

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Alternance : n. f. : terme récent dans le domaine de la formation, apparu d'abord dans l'enseignement agricole. Désigne une formation qui fait alterner un temps de formation dite "pratique" (stage) et un temps de formation dite "théorique " (cours, recherches documentaires, analyses de pratiques, etc.). Comme l'oeuf de christophe Collomb, il fallait y penser... mais le voyage n'est pas terminé pour autant.

Pour comprendre les enjeux de l'alternance, il faut d'abord se demander pourquoi le système de formation s'est progressivement dégagé du système de production ? La création de lieux où l'on apprend, distincts des lieux où l'on produit est un phénomène relativement récent. Auparavant on apprenait sur les lieux de production eux-même par un "simple" compagnonnage. Les apprentis étaient mis directement au contact avec les impératifs de "la vie" artisanale, agricole, intellectuelle, industrielle, militaire, etc. Ce que l'on appelle aujourd'hui parfois (de manière un peu simpliste) "la pédagogie de projet" a été bien antérieure à la pédagogie dite "traditionnelle" : on a d'abord appris à forger en étant forgeron ; on a d'abord appris à écrire en copiant derrière l'épaule du copiste et non en pratiquant une méthode d'écriture ; on s'est d'abord formé à un métier au contact direct de la réalité économique...

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Anticipation, n. f. : activité centrale de tout éducateur qui consiste à aider un sujet à grandir en le considérant du point de vue de ce qu'il peut faire et devenir et non de ce qu'il fait et de ce qu'il est.

Peut-être cela paraîtra-t-il étonnant à beaucoup, mais je crois que la crise de l'éducation que nous vivons aujourd'hui peut être analysée comme une crise du rapport éducatif et de la gestion de ce que l'on pourrait nommer « la distance éducative », ou plus exactement comme une difficulté à anticiper « justement » ce qu'il convient d'attendre des personnes que l'on veut éduquer...

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Attitude, n. f., concept considéré comme "mou" par beaucoup de "spécialistes de l'éducation". Utilisé, ici, pour désigner une réalité souvent insaisissable : la même séquence d'apprentissage peut s'avérer très efficace... ou fort peu, selon "l'attitude" du formateur. Or, les critères purement techniques ne peuvent guère venir à bout de l'analyse de cet écart.

Pour assumer sa fonction, c'est-à-dire pour fournir au plus grand nombre d'élèves les concepts et la volonté qui leur permettront de comprendre et de maîtriser le monde dans lequel ils seront insérés, l'Ecole a besoin, plus que jamais, d'outils et de dispositifs élaborés ; elle a besoin de mobiliser toutes les techniques qui sont à sa disposition, sans exclusive ni anathème, afin de répondre, par la variété des itinéraires et des supports d'apprentissage, à l'hétérogénéité des élèves... La montée inéluctable de cette l'hétérogénéité peut être une chance, d'ailleurs, pour l'Ecole, à condition que les maîtres renoncent à placer la reproduction d'un modèle formel de la classe, ou tout le monde fait la même chose en même temps, comme critère essentiel de la réussite pédagogique. La conformité aveugle à ce modèle - d'ailleurs fort récent dans l'histoire des institutions éducatives - est aujourd'hui le verrou majeur à la transformation positive des pratiques.

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Autoformation, n. f., néologisme apparu dans le champ de la formation des adultes et désignant la démarche par laquelle un sujet s'approprie seul des connaissances, à son initiative. Par extension, désigne le processus d'appropriation lui-même qui est toujours "auto" (un sujet ne s'approprie vraiment des connaissances que dans et par une démarche personnelle), même s'il nécessite toujours un apport extérieur ("Tout autodidacte est un imposteur." Paul Ricoeur).

Disons-le d'emblée, et aussi provocateur que cela puisse paraître, il n'y a d'apprentissage véritable qu'en autoformation . En d'autres termes, il n'y a de savoir authentique que parce qu'un sujet construit des connaissances en élaborant des réponses aux questions qu'il se pose, en cherchant des informations lui permettant de surmonter les obstacles qu'il rencontre, en élaborant des schèmes d'action répondant à des familles de problèmes qu'il sait identifier, en ajustant ses propositions en fonction des aléas qui se présentent, en adaptant ses comportements en fonction de situations nécessairement imprévisibles, en réinvestissant progressivement ses acquis pour accroître sa capacité à apprendre et à apprendre encore. Allons plus loin : il n'y a de véritable formation que par alternance . En d'autres termes, nous ne nous formons que parce que parvenons à établir une véritable dialogue entre des situations qui nous font problème et des connaissances qui nous aident à construire des solutions. Mais, contrairement à ce que l'on croit parfois, les problèmes ne se trouvent pas seulement dans la "pratique" et les solutions dans la "théorie"...

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Autonomie, n. f. : terme utilisé très fréquemment en pédagogie pour désigner la capacité de "se conduire selon son propre vouloir". Il fait l'objet d'un trop large consensus pour ne pas poser problème.

À lire la plupart des projets d'écoles ou des projets d'établissements, à consulter les instructions ministérielles, à entendre les parents et les enseignants, on découvre que l'"autonomie" est au centre de tous les discours. On veut former des élèves autonomes, des enfants autonomes, former à l'"autonomie requise pour l'exercice d'une citoyenneté responsable", etc. Or, à regarder de près les pratiques scolaires et les comportements des élèves, on découvre que, en réalité, ce n'est pas l'autonomie qui est développée mais bien plutôt quelque chose comme la débrouillardise...

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Autorité, n. f. : terme associé le plus souvent au mot "crise" dans les expressions "crise de l'autorité", "autorité en crise". Association dommageable dès lors qu'on revient à l'étymologie du mot : "ce qui autorise", "ce qui rend auteur".

La crise de l'autorité est devenue, aujourd'hui, un lieu commun et semble à l'origine de tous nos maux. À tort et à raison. À tort, parce que, depuis toujours, les adultes se sont plaints de l'arrogance des jeunes générations : les plus vieux textes écrits dont nous disposons déplorent le manque de respect des jeunes envers leurs aînés... Mais à raison aussi : parce que nous ne sommes plus, en France, dans une société théocratique. Le ciel n'est peut-être pas vide, mais, de toute évidence, il est muet : il n'existe plus de parole morale qui s'impose à tous...

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Banlieues, n. f., souvent employé au pluriel pour désigner, de manière très restrictive, les "banlieues populaires" qu'on dit "difficiles". Métaphore pédagogique intéressante pour désigner les lieux où s'engagent des initiatives en direction de ceux qu'on dit "inéducables". A cet égard, synonyme de "marge", au sens de Jean-Luc Godard : "C'est la marge qui tient la page."

C'est finalement toujours à la périphérie des grands systèmes éducatifs, à la marge des institutions officielles, dans les banlieues de la pédagogie, que sont apparues les questions, les méthodes et les outils qui ont permis de faire progresser l'activité éducative. C'est Pestalozzi avec les orphelins de Stans, aux prises avec la résistance d'enfants qui ne veulent pas que l'on « fasse leur bien malgré eux ». C'est Itard inventant, pour Victor de l'Aveyron, les premiers matériaux pédagogiques que développent aujourd'hui, sous des formes plus complexes mais avec les mêmes principes, les spécialistes de la petite enfance. C'est Maria Montessori prenant en charge des enfants abandonnés de tous et créant pour eux des dispositifs qui sont encore utilisés dans les meilleures de nos écoles maternelles....

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Citoyenneté, n. f., néologisme assez peu heureux formé à partir du beau terme de "citoyen". S'utilise beaucoup, dans la vulgate pédagogique, dans l'expression "éducation à la citoyenneté". Peut désigner des activités spécifiques (éducation civique, pratique du "conseil d'élèves", etc.) ou recouvrir une conception pédagogique plus globale dans laquelle la transmission des savoirs n'est pas séparée du processus d'émancipation permettant l'émergence du citoyen pur une société démocratique.

Ce n'est pas un des moindres paradoxes de notre modernité que le désintérêt des démocraties pour la formation de leurs citoyens et, donc, pour leur propre pérennité. Alors que tous les régimes totalitaires, quelle que soit leur idéologie de référence, consacrent une énergie considérable à inculquer aux enfants le catéchisme qui garantira leur assujettissement futur, les démocraties, elles, se contentent d'injecter une heure d'éducation civique ici ou là... avec si peu de conviction que chacun convient, en aparté, qu'elle peut passer à la trappe à la première occasion ! On semble ainsi se résigner à l'emballement de l'individualisme, à la disparition des règles de vie commune et à l'emprise des communautarismes. Or, l'École pourrait avoir alors, ici, une place déterminante... Or, l'École pourrait avoir alors, ici, une place déterminante. À condition de mener de front un double travail : d'une part, aider chaque élève à échapper à toutes les formes de tribalisme qui imposent la conformité à la norme et interdisent toute liberté de penser ; et, d'autre part, apprendre en permanence à chacun à se décentrer par rapport à ses préoccupations immédiates et ses intérêts personnels pour s'associer à d'autres et aller vers l'universel...

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Collège, n. m. : désigne l'institution intermédaire entre l'école primaire (fondée par Jules Ferry) et le lycée (fondé par Napoléon). cette institution intermédaire scolarise des enfants de 11 à 16 ans environ et hésite en permanence, depuis des années, entre le statut de "super école primaire" et celui de "petit lycée".

Le collège français correspond à ce que l'on nomme, dans les recherches internationales, "l'école moyenne". A peu de choses près, la fin du collège correspond aussi chez nous, pour beaucoup d'élèves,   à la fin de la scolarité obligatoire. Or, cette notion de "scolarité obligatoire" a, peu à peu, disparu du vocabulaire, comme si l'on hésitait maintenant à l'employer avec toute sa charge historique et sa signification sociologique. Or, si l'on revient aux sources de la "scolarité obligatoire", on est frappé de l'importance que la société avait donnée à cet objectif. Car, contrairement à ce que l'on a prétendu parfois, Jules Ferry, en faisant adopter les lois laïques, n'a nullement cédé à la demande économique qui aurait imposé une augmentation du niveau d'instruction...

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Connaissances scolaires : expression désignant l'ensemble de ce qui est enseigné à l'école. Renvoie, d'une part, aux programmes d'enseignement (que les sociologues nomment le curriculum formel) et à de nombreuses autres connaissances qui sont acquises parfois à l'insu de l'enseignant et de l'institution (le curriculum caché). Dans le débat pédagogique, l'expression est souvent opposée (de manière polémique) à "compétences", sous forme d'une alternative : "Faut-il enseigner des connaissances ou des compétences ?".

Chaque fois que l'on joue sur un couple de mots que l'on oppose - comme "connaissances" et "compétences" -, on prend le risque de simplifier considérablement les choses, voire de les caricaturer. Tentons cependant de définir rapidement ces deux termes . Les connaissances et les compétences sont, pour moi, des médiations éducatives qui permettent aux élèves qui les acquièrent d'échapper, au moins partiellement, à la violence des situations physiques, psychologiques et sociales dans lesquelles ils sont impliqués. Les unes et les autres peuvent être acquises de manière superficielle, empilées à court terme, pour faire face à des situations d'examen par exemple ; mais les unes et les autres peuvent aussi être intégrées dans la dynamique intellectuelle d'un sujet et contribuer réellement à son émancipation. Plus précisément, je nommerai ici "connaissances" des savoirs essentiellement programmatiques, renvoyant à des disciplines précisément identifiées, mobilisables pour résoudre des problèmes qui se posent spécifiquement dans le champ épistémologique de ces disciplines. En revanche, je nommerai "compétences" des savoirs renvoyant à des situations complexes qui amènent à gérer des variables hétérogènes et qui permettent de résoudre des problèmes qui échappent à des situations référables épistémologiquement à une seule discipline...

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Connaître (l'enfant, l'élève) v. t., activité peu identifiable et dont on perçoit difficilement le terme, mais considérée souvent, dans le domaine pédagogique, comme un préalable nécessaire à l'action avec (ou sur) l'enfant ou l'élève : "Pour enseigner les mathématiques à John, il ne faut pas seulement connaître les mathématiques, il faut aussi connaître John".

La plupart des enseignants   - ceux qui s'intéressent à la pédagogie tout au moins - considèrent que la connaissance de l'élève est un élément majeur de la réussite pédagogique. Une telle conception a, sans doute, permis le développement de très nombreuses recherches. Les plus connues sont les typologies caractérologiques de toutes sortes qui permettent de classer les élèves dans des catégories plus ou moins schématiques...

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Débat éducatif (français) : sans doute en raison des liens historiques très forts que l'Etat y entretient avec l'Ecole, le débat éducatif français est, depuis longtemps, très violent. Il a pris, cependant, ces vingt dernières années, une tournure particulièrement polémique en opposant les "républicains" et les "pédagogues". Tout le monde trouve cette opposition stupide et, pourtant, elle revient sans cesse.

Depuis les années 1984 et le ministère Chevènement, on repère, en effet, assez nettement, dans le débat éducatif, deux conceptions qui s'affrontent au sein même de la mouvance "progressiste": d'un côté, on valorise la transmission culturelle et l'on fait valoir que, la culture étant, par essence, dépassement du particulier pour accéder à l'universel, l'attention aux personnes dans leur singularité, la prise en compte de leurs préoccupations et de leurs centres d'intérêts, mettent gravement en question la vocation même de l'institution scolaire. D'un autre côté, on souligne qu'il n'y a pas d'appropriation culturelle qui ne puisse s'effectuer sans que l'on s'appuie sur ce que le sujet sait déjà, sur les questions qu'il se pose ou qu'on l'amène à se poser, sur sa manière d'apprendre, sur son histoire singulière...

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Démocratie, n. f., désigne un régime politique qui, selon la formule célèbre est "le pire de tous, à l'exception de tous les autres". Ce régime est basé sur la participation de chaque citoyen à la volonté collective par l'intermédiaire de consultations électorales. En pédagogie, la question se pose souvent de savoir si l'école est un "lieu démocratique" ou un "lieu de formation à la démocratie".

Il n'est jamais vraiment inutile de rappeler que, dans une démocratie, le vote d'un individu majeur reste bien l'acte politique par excellence, celui par lequel tous les citoyens, sur un pied d'égalité, participent à l'exercice du pouvoir et pèsent sur des choix qui conditionnent tous les autres. On ne peut laisser penser aux jeunes générations qu'il est indifférent de choisir tel ou tel homme ou parti politique, puisque eux-mêmes, ensuite, vont s'engager dans des manifestations de lutte ou de soutien de ces mêmes hommes et partis... C'est pourquoi il faut, tout à la fois, développer une éducation au politique et, par ailleurs, marquer solennellement l'entrée dans la vie politique...

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Désir d'apprendre, expression utilisée fréquemment pour désigner une sorte d'aptitude innée de tout individu, en particulier les enfants, qui les amènerait à chercher spontanément à s'informer et à comprendre. En réalité, lieu commun néo-rousseausiste (que n'aurait jamais assumé Rousseau) qui néglige que "le désir de savoir" ne se transforme pas miraculeusement en "désir d'apprendre".

La modernité exaspère la contradiction entre le désir de savoir - tout et tout de suite - et le projet d'apprendre qui impose de tâtonner, d'assumer l'ignorance et d'apprivoiser le temps. « Savoir » et « apprendre » ne sont pas synonymes. Le goût d'apprendre s'est effondré chez beaucoup d'élèves dans la volonté de savoir. C'est parce qu'ils veulent « savoir tout de suite » qu'ils ne comprennent pas la nécessité d'apprendre. La modernité technique elle-même organise de manière systématique nos activités pour que nous puissions savoir sans apprendre et sans avoir appris. Il faut que les enseignants comprennent que la modernité agit de la sorte ; dans le cas contraire, ils ne comprendront pas pourquoi il est si difficile aux élèves de renoncer à savoir tout de suite pour prendre le temps d'apprendre. De la même manière, la modernité exaspère une contradiction entre « le primat du réussir » et « le primat du comprendre »...

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Devoirs (à la maison) : interdits dans l'enseignement primaire depuis 1956, ils n'en restent pas moins très présents et prennent de plus en plus d'importance dans l'enseignement secondaire... Au point que, dans ce dernier, l'école devient le lieu où l'on va prendre quelques informations... avant de rentrer chez soi faire son travail. Comme si les professeurs d'EPS dictaient en classe les règles du basket et donnaient le match à faire à la maison !
Assez curieusement et par un étrange renversement, les « devoirs scolaires » sont aujourd’hui identifiés comme des travaux que l’on fait à la maison, ou, pour les élèves internes, en étude… mais, dans tous les cas en dehors de la présence d’un professeur. Certes, il existe des structures encadrées par les enseignants sous des noms divers (aide individualisée, accompagnement personnel, tutorat, etc.), mais, dans l’immense majorité des cas, ce qui se fait là relève plutôt d’une « pédagogie de soutien » qui reprend des notions mal comprises en classe et n’exonère en rien l’élève de son travail personnel à la maison... Pourtant, historiquement, le travail personnel de l’élève – qu’il concerne la mémorisation, l’entraînement, la recherche ou l’élaboration personnelle – a été conçu comme un des éléments fondamentaux de la scolarisation, devant être effectué en classe ou, au moins, sous la responsabilité directe de l’école.

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Didactique, n. f., terme utilisé par Comenius au XVIIème siècle pour désigner l'effort rationnel de transmission des connaissances à tous les hommes. Aujourd'hui, on parle plutôt "des didactiques" des différentes disciplines qui travaillent sur les conditions de leur enseignement. A ne pas confondre, évidemment, avec la pédagogie.

La didactique est constituée par l'ensemble des procédés, méthodes et techniques qui ont pour but l'enseignement de connaissances déterminées. En tant que telle, la didactique n'est évidemment pas une discipline récente... les didacticiens, pourtant, ont le sentiment d'être dans une phase où leur savoir se constitue, où leurs concepts se stabilisent et où leurs institutions tentent, parfois avec difficulté, de trouver une place dans la communauté universitaire. Qu'est-ce donc que cette "didactique" et que comporte-t-elle aujourd'hui d'original ?

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Différences, n. f. le plus souvent utilisé au pluriel dans la réflexion pédagogique. Désigne un ensemble très vaste de spécificités individuelles et collectives, en particulier dans l'expression "prendre en compte les différences". En réalité cette question ne peut guère être traitée à un tel niveau de généralité.

Chacun connaît la célèbre formule de Bourdieu selon laquelle c'est d'abord "l'indifférence aux différences" qui reproduit les inégalités. Car cette indifférence présuppose une égalité de chances et de capacités qui n'existe pas en réalité. Pire, elle alimente le fantasme extrêmement dangereux d'une homogénéité possible qui serait même la condition d'efficacité de l'école, voire de survie de la société : nous ne sommes pas loin du mythe de la " race pure "... Alors que notre société connaît des dérives sectaires et des replis communautaires inquiétants, l'école continue à générer l'exclusion, à creuser le fossé entre les enfants dits "normaux" et les autres, handicapés, déficients, ou simplement en situation d'échec...

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Echec scolaire : expression peu usitée jusque dans les années 1960 et qui ne commence à désigner une véritable problème social et politique que dans les années 1980. Tout le monde veut "lutter contre l'échec scolaire"... Mais pas nécessairement de la même manière.

La notion d’échec scolaire est assez récente. Elle n’apparaît guère avant les années 1960 et ne devient un véritable problème social et politique que dans les années 1980. Car, dans la tradition élitiste française, les échecs étaient plutôt des solutions… au problème de la sélection. Dès lors que l’héritage des charges et des biens ne pouvait plus être – au moins en théorie – le critère de structuration de la hiérarchie sociale, la réussite scolaire, et son corollaire, l’échec, permettaient de faire le tri ! Cela nous est devenu aujourd’hui insupportable. Pourquoi ?

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Ecole nouvelle : expression née probablement en 1899 à l'occasion de la création de l'école d'Abbotsholme par Cecil Reddie ; désigne une école où l'on se propse de faire découvrir les savoirs aux élèves en les mettant en situation d'activité.

Pour bien des « républicains », encore aujourd'hui, l'Ecole Nouvelle est associée à des valeurs contraires aux valeurs fondatrices de la République. Et il est vrai que l'on peut comprendre cette position pour deux raisons au moins : d'une part, parce que les premières "écoles nouvelles" furent des initiatives privées qui s'installèrent au moment même où l'Etat cherchait à contrôler un système éducatif atomisé et à lui imposer des valeurs et des pratiques communes capables de fonder l'unité de la République.

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Educabilité, n. f., néologisme utilisé en pédagogie au XXème siècle (Rousseau employait le terme de "perfectibilité"). Désigne un postulat fondateur de toute activité éducative qui interdit d'attribuer une difficulté ou un échec d'un sujet à son "absence de dons".

L'éducabilité est d'abord le principe "logique" de toute activité éducative : si l'on ne postule pas que les êtres que l'on veut éduquer sont éducables, il vaut mieux changer de métier. C'est aussi un principe heuristique essentiel : seule la postulation de l'éducabilité de l'autre interdit à l'éducateur d'attribuer systématiquement ses échecs à des causes sur lesquelles il n'a pas pouvoir et d'engager la recherche obstinée de nouvelles médiations...

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Education formelle et non formelle,expressions qui se stabilisent aujourd'hui, en particulier en Europe, et qui désignent et opposent, d'une part, l'éducation scolaire relevant d'institutions identifiées comme l'Ecole et, d'autre part, les activités éducatives encadrées par des associations diverses qui effectuent, par exemple, de l'accompagnement scolaire. On peut y ajouter, aussi, l'éducation informelle qui comprend tout l'environnement éducatif (médias, culture, etc.).

L'École peut-elle, à elle seule, produire la réussite scolaire et sociale des enfants ? Pour répondre à cette question, il convient de faire un petit retour en arrière et de comprendre les finalités les objectifs et les méthodes de l'institution scolaire. Cette institution, sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui, est extrêmement récente au regard de notre histoire : un siècle et demi, guère plus ! Ses principes de fonctionnement datent de Comenius, un philosophe et pédagogue tchèque protestant, qui les formula et les mit en oeuvre dans ses ouvrages à la fin du XVIIème siècle. Comenius avait observé que les apprentissages de toutes sortes, y compris professionnels, s'effectuaient de manière bien trop aléatoire et il souhaitait les rendre, tout à la fois, plus égalitaires et plus rigoureux. Pour que tous les enfants accèdent aux savoirs jugés fondamentaux, il mit en place un système qui tendait à en faire, pour tous sans exception, des apprentissages obligatoires, progressifs et exhaustifs....

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Education populaire : expression assez largement ringardisée et qui désigne, pourtant, un mouvement particulièrement important et fécond dans l'histoire de l'éducation en France. Il n'est pas certain, d'ailleurs, que l'on n'ait pas encore beaucoup à apprendre de l'Education populaire.

Si j'avais à résumer très brièvement l'apport essentiel de l'Éducation populaire, je dirais que c'est l'affirmation que le « faire ensemble » fonde le « vivre ensemble ». Cela peut paraître simpliste. Mais, c'est très loin de l'être. Aujourd'hui, en effet, nous sommes submergés par deux types de discours qui, quoique apparemment contradictoires, se renforcent réciproquement : les discours qui prétendent fonder le « vivre ensemble » sur le communautarisme et ceux qui veulent le fonder sur l'autoritarisme...

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Entreprise, n. f., désigne un organisme qui produit des richesses économiques et, pour cela, s'appuie sur les compétences des personnes qu'elle utilise au mieux. A l'inverse de l'école dont la mission est de faire acquérir des compétences nouvelles à ceux qui ne les ont pas.

Pour avoir partagé, pendant quelques années de mon existence, la responsabilité d'un établissement scolaire, je sais à quelles difficultés se heurte au quotidien celui qui exerce cette tâche. Je sais que, mille fois, il s'impatiente et s'exaspère devant les lourdeurs administratives, les pressions des technocrates, le caractère vétuste et souvent irréaliste des règlements qui lui sont imposés. Je sais que, particulièrement dans le système scolaire français, le chef d'établissement rêve, aux soirs de fatigue, d'être enfin débarrassé de ces contraintes et de pouvoir gérer en toute liberté ses personnels et ses moyens....

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Filiation, n. f., désigne le rapport entre des parents et leurs enfants. Il ne s'agit pas du rapport biologique, mais de la relation symbolique qui se construit entre deux générations. D'où l'extension de ce terme dans la sphère sociétale et pas seulement familiale.

C'est une banalité de dire, aujourd'hui, que la filiation est en crise. C'est vrai qu'il y a une crise du lignage, de la traçabilité sociale, de l'identification de son propre nom, de la capacité à se situer à l'intérieur d'une généalogie. La plupart des jeunes que l'on dit « en difficulté » sont dans une sorte de présent qui, parce qu'il n'a pas de passé, ne leur permet pas nécessairement d'anticiper un futur. Il y a une sorte de désarticulation entre l'inscription dans une histoire et l'expression dans un présent, cette dernière devenant le « tout » et surdéterminante par rapport à l'inscription dans une histoire...

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Groupe, n. m., terme utilisé communément pour désigner un ensemble d'individus. Dans le domaine pédagogique, les "pédagogies de groupe" sont apparues dans la mouvance de l'Education nouvelle pour promouvoir, à la fois, l'activité et le collectif censés s'opposer à la "méthode traditionnelle" impositive et à la segmentation de la classe en individus concurrents. Leur pratique pose de nombreux problèmes de fond et de méthodes.

Pour comprendre l'usage de la notion de "pédagogies de groupe" telle qu'elle s'est développée depuis le début du siècle et, plus particulièrement, depuis les années 1960, il convient de situer la notion de "groupe" par rapport à la notion de "classe" contre laquelle elle s'est très largement constituée. La "classe", telle que nous la connaissons aujourd'hui, est une invention relativement récente et très limitée géographiquement ; même si aujourd'hui, pour beaucoup de nos contemporains, la classe apparaît comme l'unique modalité institutionnelle possible de transmission des connaissances aux jeunes, elle n'a été systématisée, sous ses formes actuelles, que depuis un siècle et ses premières apparitions datent de quatre siècles environ (on l'appela d'abord "la bande" puis, ensuite, "le rang"). La création de la classe est, sans aucun doute, due, à la fin du Moyen Age, à une volonté d'améliorer l'efficacité des procédures de transmission du savoir en regroupant des jeunes de même niveau de connaissance pour leur proposer en même temps l'apprentissage des mêmes savoirs...

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Innovation, n. f. : terme largement employé pour désigner des initiatives à l'intérieur du système scolaire, tant dans le domaine des pratiques pédagogiques quotidiennes que des impulsions institutionnelles. Totem pour les uns, tabou pour les autres, ce terme fait souvent obstacle à une analyse sérieuse de la réalité.

À l'École, l'innovation est souvent objet de vifs débats, avec ses partisans et ses adversaires. Et pourtant, il semble nécessaire de penser l'innovation davantage sous le signe de l'ambivalence : une ambivalence assumée et même revendiquée. En effet, pour être lucide, il est nécessaire d'envisager l'innovation pour son intérêt considérable, en ce qu'elle est porteuse d'un changement positif et d'une occasion de progrès ; il est tout aussi utile de faire preuve à son égard de méfiance et de repérer les dangers dont elle nous menace...

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Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) : Institutions de formation des enseignants mis en place par la Loi d'orientation sur l'école de 1989 et présents dans chaque académie depuis 1991. Ils forment les enseignants du premier et du second degré, de l'enseignement général et professionnel, selon le principe d'une "formation universitaire, professionnelle, d'adultes et par alternance". Ils sont voués à la disparition à partir de la rentrée 2009.
Les Instituts universitaires de Formation des Maîtres, implantés dans chaque académie depuis 1991, ont été créés en application de la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989. Ils s’inscrivent dans la perspective générale de ce texte qui s’efforce de créer les conditions afin que la démocratisation de l’accès à l’enseignement (souvent nommée « massification ») se traduise par une véritable démocratisation de la réussite dans l’École. En effet, la France a, depuis 1959 et l’instruction obligatoire jusqu’à 16 ans, fait des efforts considérables pour accueillir le plus grand nombre d’élèves – y compris dans les lycées – et les amener jusqu’au plus haut niveau possible de scolarisation. Mais, faute d’une adaptation des structures et de la pédagogie, le système scolaire est resté très inégalitaire. La loi d’orientation de 1989 entend donner une impulsion décisive à la démocratisation en passant d’une logique de la gestion des flux à une logique de l’accompagnement de chacun : elle insiste, pour cela, sur la différenciation des parcours d’apprentissage et promeut une autre conception de l’évaluation, susceptible de permettre d’identifier à temps les difficultés de chacun et de s’appuyer sur ses points forts pour l’aider à réussir.

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Jeu, n. m. : désigne une activité, abusivement considérée comme la spécificité de l'enfance et qui se distingue par un type particulier de rapport au réel, aux autres et au temps. La question de la place du jeu à l'école a souvent été objet de débat, les uns considérant que l'école doit rompre avec l'univers du jeu, les autres en faire un outil pédagogique privilégié.

Pour l'enfant qui rentre à l'école, « on ne joue plus, on travaille ! » En d'autres termes, on ne pourra plus faire « ce qu'on veut », il faudra se soumettre aux injonctions du principe de réalité. Plus question de partir dans des mondes imaginaires où tout est possible, voici venu le temps de se coltiner la résistance des êtres et des choses : il faut être sérieux !... D'où, effectivement, certaines positions qui font du jeu à l'école une hérésie : une régression et un non sens aux regard des finalités scolaires.

Mais raisonner ainsi, c'est ignorer le vrai statut du jeu : c'est confondre le jeuet l'infantile . Or, l'infantile n'est pas le jeu, c'est la suppression, ou, au moins, la dilution, de la frontière entre le jeu et le non-jeu. L'infantile, c'est le jeu permanent et sans véritable règle... Ce n'est donc pas le jeu !

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Médiation, n. f., désigne, en pédagogie, l'ensemble de ce qui "médiatise" les rapports entre les personnes et leur permet de "se mettre en jeu à propos de quelque chose qu'elles font ensemble". Ainsi définie, la médiation est le moyen d'éviter le face-à-face et le corps-à-corps d'où émane inévitablement la violence.

Le malheur, c'est quand une volonté s'affronte à une autre volonté : « Tu vas travailler et je m'en porte garant ; je ne lâcherai pas prise jusqu'à ce que tu aies compris. Je réexpliquerai jusqu'à ce que tu saches faire et que tu me le prouves. Tu vas te taire et faire ce que je te dis, t'arrêter de crier, de bouger, de te lever tout le temps, de bavarder, d'insulter tes camarades. Ma détermination ne faillira pas. Et tu finiras bien par céder... » Ou bien : « Tu mangeras parce que je le veux. Tu dormiras parce que je le décide. Tu grandiras parce que j'en ai envie. » Une volonté se cabre et renforce la détermination de l'autre. Plus encore, elle la légitime. La relation bascule alors dans une partie de bras de fer infernale. Les deux volontés se font face et la violence est déjà là. Brutale ou sournoise. Immédiate ou différée...

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Mépris, n. m., sentiment par lequel on juge la conduite ou la personne de quelqu'un indigne d'estime. Utilisé le plus souvent, dans les débats éducatifs, à la voie passive : les élèves et/ou les enseignants ont le sentiment d' "être méprisés. Dans ces conditions, le mépris apparaît comme un cercle vicieux : se sentir méprisé par l'autre entraîne le mépris de l'autre.

De nombreuses enquêtes convergentes font observer que le mot qui revient le plus fréquemment dans les propos tenus par les élèves et les enseignants quand ils s'expriment sur ce qui se passe dans l'école est le mot « mépris ». Mépris affiché ou mépris ressenti, mépris exprimé ou mépris supposé... chacun croit que l'autre le méprise et chacun finit par mépriser les autres. Il y a là un phénomène particulièrement significatif de ce que nous vivons aujourd'hui à l'école, sans doute beaucoup plus profond et beaucoup plus grave, beaucoup plus répandu aussi que « la haine » exprimée par quelques élèves en rupture délibérée avec le système. Car les « bons élèves » se sentent aussi méprisés, et, fait étrangement paradoxal, la plupart d'entre eux finissent par se mépriser eux-mêmes en ayant honte de leur propre comportement...

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Méthode pédagogique : expression très générale utilisée pour désigner des réalités d'ordres très différents, mais articulant toujours, in fine, des finalités, des connaissances sur l'apprentissage et des outils à mettre en oeuvre.

L'usage de l'expression "méthode pédagogique" est extrêmement extensif dans la littérature pédagogique. De manière très générale, on peut cependant distinguer trois acceptions dominantes... D'une part, l'expression désigne un courant pédagogique cherchant à promouvoir certaines finalités éducatives et suggérant, pour cela, un ensemble plus ou moins cohérent de pratiques  : c'est en ce sens que l'on peut parler des "méthodes traditionnelles", des "méthodes nouvelles", des "méthodes actives", des "méthodes Freinet", etc.

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Missions (de l'Ecole) : formule souvent utilisée pour désigner les finalités de l'institution scolaire. Même s'il n'est pas sûr que les finalités précèdent chronologiquement et logiquement les institutions chargées de les mettre en oeuvre, il faut, régulièrement, "revenir" aux "finalités" pour interroger les "modalités".

Je refuse qu'on rabatte les missions de l'école sur une simple inculcation de programmes et je revendique qu'on mette au premier plan les principes pédagogiques qui la constituent : 1) L'école est un lieu où la recherche de la précision, de la justesse, de la rigueur et de la vérité l'emporte sur les rapports de force ; 2) L'école est un lieu où - contrairement à l'entreprise - il est plus important de « comprendre » que de « réussir » à n'importe quel prix ; 3) L'école est un lieu où l'erreur est féconde parce qu'elle permet d'analyser un échec et de progresser ; 4) L'école est un lieu où l'on doit toujours donner sa chance à chacun, parier en son éducabilité possible et refuser farouchement l'élimination du « maillon faible »...

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Parent d'élève : expression d'usage relativement récent, en rupture avec une certaine conception de "l'Ecole républicaine" selon laquelle "l'élève - contrairement à l'enfant - n'a pas de parents". Néanmoins les "parents citoyens" doivent être associés à l'Ecole, au risque de chercher à contrôler par leurs comportements une institution dont ils seraient exclus.

Depuis la création de l'École républicaine et jusqu'à ces dernières années, les exigences des familles envers l'École étaient, pour l'essentiel, régulées par une représentation largement partagée de l'intérêt général. Soupçonner l'École, critiquer ses enseignants, c'était s'attaquer à des croyances collectives auxquelles on adhérait et qu'il n'était pas bienséant de remettre en question. Or, aujourd'hui, la disparition des consensus philosophiques et moraux, de la confiance dans la promotion par le travail et le mérite, de l'espoir de voir l'École compenser - au moins partiellement - les inégalités de fortune, font naître chez les parents ce que Robert Ballion nomme, dès 1980, " la consommation d'école "...

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Parentalité, n. f., néologisme désignant "la capacité à être parent". On peut faire l'hypthèse, que dans des sociétés où les problèmes que rencontraient les parents avec leurs enfants étaient les mêmes que ceux qu'ils avaient posés à leurs propres parents, la parentalité se transmettait "naturellement". Face à l'émergence de problèmes inédits, la parentalité doit devenir un objet de travail éducatif à part entière, qui ne relève ni de l'aide sociale, ni de la psychothérapie.

Longtemps, en effet, il a suffi, pour être un « bon parent », de reproduire avec ses enfants le comportement de ses propres parents. Il y avait, certes, des évolutions, mais elles restaient à la marge. L'éducation morale et sexuelle, le soutien au travail scolaire, la découverte de la vie sociale et des perspectives professionnelles possibles, tout cela demeurait régi par des règles simples et consensuelles. Que votre fille se dévergonde prématurément, et elle était vouée aux gémonies. Que votre fils revienne de l'école avec une punition, et vous doubliez la dose. Qu'il fréquente quelques personnages peu recommandables, et il était bouclé chez lui. Qu'il manifeste quelques réticences pour les fiançailles et le mariage, et c'en était fait de son héritage. Qu'il rechigne à reprendre l'exploitation familiale ou à entreprendre des études supérieures comme on l'y invitait, et il était aussitôt mis au ban. D'ailleurs, dans la plupart des cas, tout rentrait dans l'ordre. Les vraies ruptures familiales étaient le fait de rares personnalités réfractaires et faisaient l'objet d'une interprétation quasi mythologique qui renforçait leur caractère exceptionnel... Rien de tout cela ne fonctionne plus aujourd'hui...

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Pédagogie, n. f., associée souvent, aujourd'hui, soit à une idéologie molle plaçant l'écoute beâte des enfants au coeur de l'activité éducative, soit à un ensemble de techniques de dressage. En réalité effort pour penser et agir en même temps l'activité éducative, "théorie pratique" selon la formule de Durkheim.

Je ferai, pour ma part, remonter la modernité pédagogique à l'expérience de Pestalozzi. Pestalozzi est un homme des Lumières, proche de la Révolution française (il sera fait citoyen d'honneur de la République). Il croit à la nécessité de transmettre une culture qu'il pense universelle et libératrice, mais, à travers l'expérience de Stans en 1798, il est confronté à la singularité de sujets réfractaires à son enseignement. Ce disciple de Rousseau qui a, toute sa vie, rêvé de « donner des mains » à l' Émile , se refuse au dressage et à l'endoctrinement. Mais il ne bascule pas, pour autant, dans le fatalisme et ne veut pas abandonner les déshérités à leur sort...

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Personne, n. f., au sens le plus général du terme, désigne un être humain sans distinction de sexe. En pédagogie, ce terme est souvent utilisé pour désigner la volonté de prendre en compte la singularité de chaque être, contre des méthodes présentées comme éradiquant cette dernière. A distinguer de la notion de "sujet" qui, elle, insiste plus sur la liberté que sur la singularité, sur l'action que sur le donné.

Sans aucun doute le discours pédagogique, et particulièrement dans la mouvance de l'Education nouvelle, a-t-il fait de l'attention à la personne l'un de ses thèmes majeurs. Encore faut-il bien comprendre que cette insistance avait d'abord une vertu polémique et qu'il s'agissait surtout de s'insurger contre des conceptions éducatives qui faisaient de l'éradication des différences individuelles la condition de la réussite de l'Ecole républicaine. Nous étions alors au 19ème siècle et la laïcité de combat qui cherchait à s'imposer n'était nullement une tolérance bienveillante à l'égard des particularités de toutes sortes ; c'était une véritable machine de guerre pour imposer l'unité d'une culture contre la diversité des traditions, l'unité d'une langue contre la multiplicité des patois, l'unité des élèves comme "êtres de raison", supposés disponibles à l'expression encyclopédique de la rationalité scientifique contre la multiplicité des situations individuelles, des adhérences psychologiques inégalitaires et des appartenances sociologiques génératrices de privilèges...

Commentaires (4)

1. Trey35 (site web) 08/11/2012

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4. Isidra60 (site web) 21/10/2012

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